lundi 3 juin 2013

Ne pas ruminer (II)

La rumination est souvent associée à la morosité et à un sentiment d’impuissance. Comme elle est pénible, on tente parfois de s’en écarter en essayant de penser à autre chose ou de s’occuper, mais les états d’âme négatifs restent là, en toile de fond. Du coup, on ne fait rien correctement : ni l’activité en cours ni la réflexion sur le problème. La lucidité et l’efficacité, ce serait plutôt de choisir vers quoi on veut réfléchir et de le faire pleinement. Or ce n’est pas si simple et, parfois, mieux vaut carrément aller marcher, nager, pédaler, jardiner ou bricoler. Cela aggravera moins les choses que de continuer à ruminer, cela nous permettra quelques petits états d’âme positifs et nous rapprochera peut-être d’une solution. Bouger, courir, écrire, parler : agir peut nous aider à stopper la rumination et à revenir ensuite vers une vraie réflexion. Eh oui, sous notre cerveau, il y a un corps, qui a lui aussi son mot à dire. ...
… De nombreux travaux ont montré que l’écriture de soi était bénéfique à notre santé, qu’elle aidait à la pacification émotionnelle, notamment dans nos moments de vie difficiles. La mise en mots et en récit de nos expériences de vie permet d’augmenter la cohérence d’événements et d’états d’âme qui, sans cela, auraient un goût de flou et d’inachevé. Les études qui comparent le fait de parler, d’écrire ou de simplement réfléchir à des expériences de vie douloureuses montrent clairement que l’écriture et la discussion font toutes deux bien mieux que la réflexion solitaire. Pourquoi la « simple» réflexion est-elle souvent si peu utile ? Parce qu’elle dérape très vite vers la rumination ! Alors qu’il est bien plus difficile de ruminer par écrit : l’absurdité et la toxicité du mécanisme nous sauteraient aux yeux, tandis que nous le tolérons dans notre esprit…
(Christophe ANDRÉ, « Sérénité, 25 histoires d’équilibre intérieur », Éd. Odile Jacob, 2012, p.31-34 + p.37)

Chott el-Jérid (Tunisie)

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