samedi 28 juillet 2012

Compassion envers tous les êtres vivants

Pour les bouddhistes, sagesse et compassion vont de pair. Selon un maître, « sagesse sans compassion n’engendre que l’orgueil ; mais sans sagesse, la compassion est aveugle ». Mais cette compassion, étant étendue à l’ensemble des êtres vivants, y compris les plus humbles, suppose donc la connaissance de la nature, condition essentielle pour la respecter et l’aimer. Et Jacques Brosse de conclure : « Un vrai bouddhiste est de toute nécessité un écologiste (l) »
(Jean-Marie PELT, « Nature et spiritualité », en collaboration avec Franck Steffan, 2008, Le Livre de poche n°31 529, 2009, p. 62 ; (1). Jacques Brosse, in Écologie et spiritualité, Albin Michel, 2002)


dimanche 22 juillet 2012

Le bouddhisme : l'écologie avant la lettre

À cet égard, l'approche du bouddhisme est absolument originale. Elle ne coïncide pas tout à fait avec celle, traditionnelle et fusionnelle, des peuples premiers pour lesquels la moindre parcelle de la terre est sacrée, puisque habitée par un esprit. Mais elle se distingue non moins radicalement de l'affirmation monothéiste d'une nature créée par Dieu et confiée à l'homme pour qu'il la cultive et l'entretienne. L'approche des peuples premiers est panthéiste, celle du monothéisme théocentrique ; le bouddhisme offre une troisième voie énonçant l'étroite interdépendance entre l'ensemble des êtres vivants, tout en reconnaissant à l'homme une responsabilité de compassion et de protection. Centrée sur ce concept d'interdépendance, le bouddhisme rejoint les intuitions les plus modernes de l'écologie qui est, rappelons-le, la science des interrelations entre les êtres formant un écosystème, fût-ce l'écosystème Terre en son entier.
(Jean-Marie PELT, « Nature et spiritualité », en collaboration avec Franck Steffan, 2008, Le Livre de poche n°31 529, 2009, p. 60-61)

[Le chemin spirituel bouddhiste] implique de respecter et de protéger tout être, toute chose comme le bien le plus précieux. C’est dans cet esprit, par exemple, que les moines ont créé l’art floral, dans le but de prolonger la vie des fleurs offertes au Bouddha dans les temples, ou brisées par un orage. La proximité avec la nature du moine, qui souvent s’établit dans des monastères en montagne ou près des rivières, lui permet de vibrer à sa musique. Les traditions bouddhiques évoquent ces moines qui ont connu l’éveil en entendant un caillou tomber, en contemplant une fleur de pêcher ou en se laissant bercer par le murmure d’un torrent. C’est au cœur de ces humbles phénomènes naturels, que l’Occidental urbain et « branché » ne perçoit plus, que le moine réalise son unité avec l’univers.
(Jean-Marie PELT, « Nature et spiritualité », en collaboration avec Franck Steffan, 2008, Le Livre de poche n°31 529, 2009, p. 64)

Fresque murale dans un temple Bouddhiste, Ladakh

mercredi 18 juillet 2012

Colère dans le pacifique

"Les Ifaluks, habitants d’un atoll coralien de Micronésie, dans le sud du Pacifique, ont une grande richesse de vocabulaire pour désigner la colère : lingeringer, pour la colère qui monte lentement à la suite d’une succession d’incidents contrariants, nguch, le ressentiment éprouvé quand votre famille ne vous a pas aidé comme vous l’attendiez, tipmochmoch, qui désigne l’irritabilité éprouvée quand on est malade, et enfin song qui est la colère mêlée d’indignation contre quelqu’un qui a commis un acte moralement répréhensible. Catherine Lutz, une anthropologue, décrit toutes ces émotions dans un livre fameux, intitulé « Unnatural Emotions » qui défend une approche culturaliste « radicale » : selon elle, il n’y a pas d’émotions universelles, et nos tentatives de les étudier scientifiquement (par exemple en analysant les expressions faciales) est déjà un biais culturel occidental. Paradoxalement, toutes les émotions qu’elle décrit nous semblent tout à fait compréhensibles et familières, y compris le respect et l’admiration des Ifaluks pour celui qui est maluwelu, c’est-à-dire calme et gentil, et non pas sigsig, de mauvais caractère, ce qui peut se comprendre dans une société où l’on vit à plusieurs centaines massés sur une étroite bande de territoire."

ANDRÉ Christophe et LELORD François, « La force des émotions » (2001/2003), Éd. Odile Jacob - édition poche n°114, 2011, p. 62

Fresque murale dans un temple Bouddhiste, Ladakh

jeudi 12 juillet 2012

Vivre privé d'émotions

"À la suite de lésions isolées de leur système nerveux, certaines personnes [décrites par Antonio Damasio, neurologue de renommée internationale, dans son ouvrage « L’Erreur de Descartes »] perdent la capacité de ressentir des émotions, tout en conservant intact le reste de leurs facultés. La plupart sont d’une humeur remarquablement égale, souvent d’une compagnie agréable, mais elles n’arrivent plus à construire ou à respecter un emploi du temps, à savoir ce qu’elles préfèrent, à choisir entre différentes solutions à un problème simple, à se sentir motivées par un projet. Sur le plan affectif, elles peuvent se désintéresser des relations avec les autres, ou bien se montrer exagérément familières ou entreprenantes, avec des résultats dommageables dans les deux cas. Car elles éprouvent aussi de grandes difficultés à reconnaître l’état émotionnel des autres, ce qui leur fait commettre fautes de tact et erreurs de jugement. Ces patients sont des exemples extrêmes et permanents de ce qui nous arrive à tous de temps en temps : commettre des erreurs parce que nous n’avons pas été attentifs à certaines de nos émotions ou parce que nous n’avons pas su comprendre celles des autres. « La capacité d’exprimer et de ressentir des émotions [fait] partie de notre raison, pour le meilleur et pour le pire », conclut Antonio Damasio. Les émotions, même désagréables, nous sont nécessaires !"

ANDRÉ Christophe et Lelord François, « La force des émotions » (2001/2003), Éd. Odile Jacob - édition poche n°114, 2011,p. 13

Peinture à l'entrée d'un temple bouddhiste, Ladakh

lundi 9 juillet 2012

Curieuses expériences sur le cerveau

"Deux chercheurs, Geoff Cohen et Greg Walton, ont distribué à leurs étudiants de l'université Yale la biographie de Nathan Jackson, un mathématicien réputé. Une fois sur deux, ils ont modifié la date de naissance de Jackson pour la faire coïncider avec celle de l'étudiant qui lirait le texte. Tous les élèves ayant pris connaissance de la biographie, il leur fut demandé de résoudre un épineux problème de mathématiques. Ceux dont la date d'anniversaire correspondait artificiellement avec celle du mathématicien ont consacré 65 % de temps de plus que les autres à sa résolution et ont, de fait, bien mieux réussi. « Ces élèves avaient éprouvé une forme de proximité avec Jackson et cela les avait motivés à l'imiter », explique David Brooks."

Le Point n°2071, 24 mai 2012, « Nos émotions nous manipulent… » par Émilie Lanez, p. 78



Meilleur à droite
 "Nos choix ne sont pas rationnels. Ils sont émotionnels. Ainsi les consommateurs pensent que les produits disposés sur le côté droit d'un étalage sont de meilleure qualité. Deux chercheurs, Timothy Wilson et Richard Nisbett, ont disposé quatre paires de collants identiques sur une table. Les clientes doivent les noter chacun. Résultat : plus le collant se situe à droite, meilleure est sa note. 40% des clientes ont donné la meilleure note au collant situé à l'extrême droite, 31% au suivant vers la gauche, 17% à celui d'après. Et 12% à celui de l'extrême gauche".

Le Point n°2071, 24 mai 2012, « Nos émotions nous manipulent… » par Émilie Lanez, p. 79


Téléphone mongol
"On demande à un groupe d'étudiants de noter les trois premiers chiffres de leur numéro de téléphone. Puis à tous les étudiants de deviner l'année de naissance de Gengis Khan. Ceux qui ont noté les trois premiers chiffres de leur numéro de téléphone ont été plus nombreux à répondre que l'empereur mongol a vécu au 1er millénaire. Soit à une époque qui s'écrit en trois chiffres…"

Le Point n°2071, 24 mai 2012, « Nos émotions nous manipulent… » par Émilie Lanez, p. 79


À notre insu
"Une perception donnée influe sur le comportement. À notre insu. On fait lire à des sujets une série de mots, vaguement liée au troisième âge (« Côte d’Azur, bridge, ancien »), ils quittent la salle en marchant plus lentement qu'à leur entrée. Si on leur donne une liste de mots tels que « grossier, irritant, intrusion », ils seront plus enclins à couper la parole à leur interlocuteur dans une conversation tenue, alors que l'expérience est supposée finie. Magique, cette influence marche dans les deux sens. Ainsi si on raconte à un étudiant qui s'apprête à subir un examen des histoires de succès éclatants, il réussira mieux. Si on emploie les mots « réussir, maîtriser, réaliser » dans une phrase, ses résultats seront meilleurs. Attention, si vous jouez sur les stéréotypes négatifs, l'inverse se produira".

Le Point n°2071, 24 mai 2012, « Nos émotions nous manipulent… » par Émilie Lanez, p. 79

vendredi 6 juillet 2012

S'entraîner au changement

Ce qu’on appelle « esprit » est un phénomène très curieux. Parfois rigide et réfractaire à tout changement, il peut aussi devenir très souple pourvu que l’on fasse de constants efforts pour le transformer et que l’on se convainque, par la réflexion, que ce changement est non seulement possible mais indispensable. Il ne suffit pas, pour cela, de faire des vœux ou des prières. Il faut que la raison intervienne en s’appuyant sur l’expérience. On ne doit pas non plus s’attendre à ce que cette transformation s’opère du jour au lendemain, car nos vieilles habitudes résistent à toute solution rapide.
(Sa Sainteté le XIVe dalaï-lama, cité par Matthieu Ricard, « Chemins spirituels, petite anthologie des plus beaux textes tibétains » (2010), Pocket n°14 777, 2011, p. 15)

Lézard, Arménie

lundi 2 juillet 2012

Prendre conscience du caractère précieux de la vie

Chaque instant de notre vie a une immense valeur. Pourtant, nous laissons s’écouler le temps qui nous reste comme de l’or fin entre nos doigts. Quoi de plus triste que de se retrouver les mains vides à la fin de sa vie ? Sachons reconnaître le caractère inestimable de chaque seconde de vie. Soyons assez intelligents pour décider d’en faire le meilleur usage, pour notre bien comme pour celui des autres. Avant tout, dissipons l’illusion qui consiste à croire que nous avons « toute la vie devant nous ». Cette vie passe comme un rêve qui peut s’interrompre à tout moment. Consacrons-nous donc sans plus attendre à l’essentiel pour ne pas être rongés de regret à l’heure de notre mort. Il n’est jamais trop tôt pour développer nos qualités intérieures.
La nature éphémère de toute chose se présente à nous sous deux aspects : l’impermanence grossière – le changement des saisons, l’érosion des montagnes, le vieillissement du corps, les fluctuations de nos émotions – et l’impermanence subtile, qui se manifeste au niveau de la plus petite unité de temps concevable. À chaque instant infinitésimal, tout ce qui semble exister de façon durable change inéluctablement. C’est à cause de cette impermanence subtile que le bouddhisme compare le monde à un rêve, une illusion, un flux perpétuel et insaisissable. (Matthieu RICARD, « Chemins spirituels, petite anthologie des plus beaux textes tibétains » (2010), Pocket n°14 777, 2011, p. 37-38)

Combien réalisent chaque matin le privilège de se réveiller et de voir, de sentir, de toucher, d’entendre, de ressentir ? Combien d’entre nous sont-ils capables d’oublier un instant leurs tracas pour s’émerveiller de ce spectacle inouï [qu’offre la nature] ? Il faut croire que la plus grande inconscience de l’homme, c’est celle de sa propre vie. (Marc Lévy, « Et si c’était vrai ? » (2000), Pocket n°11 063, 2008, p.128).

Si nous savions que, ce soir, nous allions devenir aveugles, nous jetterions alors un regard nostalgique, un vrai dernier regard à chaque brin d’herbe, à chaque formation de nuages, à chaque grain de poussière, à chaque arc-en-ciel, à chaque goutte de pluie, - à tout. (Pema Chödrön, , citée dans « Offrandes, 365 pensées de Maîtres bouddhistes » de Danielle et Olivier Föllmi, Éditions de La Martinière 2008, pensée du 21-03)

Coquelicot, vallée de Garni (Arménie)

dimanche 1 juillet 2012

Savoir s'arrêter

Nous nous disons souvent : « Ne reste donc pas assis comme ça, remue-toi ! » Mais si l’on pratique la pleine conscience, on découvre quelque chose d’inhabituel. On découvre que c’est peut-être le contraire qui est utile : « Arrête donc de remuer : assieds-toi. » Nous devons apprendre à nous arrêter de temps en temps pour y voir plus clair. Au début, « s’arrêter » peut sembler une résistance à la vie moderne … à tort. Ce n’est pas simplement une réaction : c’est une façon de vivre. La survie de l’humanité dépend de notre capacité à nous arrêter de courir. (Thich Nhat Hanh, « La sérénité de l’instant », préface du XIVème Dalaï-lama, J’ai Lu n°8863, 2009, p.53)

Rien n'est plus capable de nous faire entrer dans la connaissance de la misère des hommes, que de considérer la cause véritable de l'agitation perpétuelle dans laquelle ils passent toute leur vie.
Tout le malheur des hommes vient de ne savoir pas se tenir en repos dans une chambre. (Blaise Pascal, Pensées - XXVI. Misère de l'homme)

Bougies, Église de Sévanavank (Arménie)

jeudi 21 juin 2012

"C'est cela le chemin vrai: se poser à chaque instant la question; "Suis-je à l'aise, et sinon, pourquoi?". Tout incident, tout évènement est un défi et une chance. Un défi pour votre petit égoïsme, une chance de grandir, de vous épanouir jusqu'à la plénitude de ce que vous êtes réellement".

Swami Prajnanpad, "ABC d'une sagesse", p.36

Canard sur l'eau limpide d'un lac de tourbe

mardi 19 juin 2012

"Rien sauf votre propre imagination ne peut vous troubler"

Nisargadatta Maharaj, "Je suis", p.128

Peintures murales dans un temple, Ladakh, Inde



lundi 18 juin 2012

« On ne se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtre, mais il faut lui faire descendre l’escalier marche par marche … »

Mark Twain, cité par Christophe ANDRÉ, « Psychologie de la peur, craintes, angoisses et phobies », Éd. Odile Jacob, 2004 [2005 pour l’édition poche, n°166], p. 114

Drapeau sur un monastère, Ladakh, Inde


Faire confiance à un instructeur.

"Pour un européen, il vaut mieux ne pas lui parler de maître et de disciple. Tant qu'il n'a pas confiance en lui, il ne peut pas se fier à autrui."

Nisargadatta Maharaj, "Je suis", p.454.

Exercices d'argumentation, jeunes moines, Dharamsala, Inde

Ce qui est digne d'amour.

"Sans le savoir, vous êtes vraiment à la recherche de vous-même. Vous aspirez à aimer ce qui est digne d'amour, ce que l'on peut aimer parfaitement. Mais à cause de l'ignorance, vous le cherchez dans le monde des oppositions et des contradictions. Quand vous le trouverez en vous-même, votre quête sera terminée."

Nisargadatta Maharaj, "Je suis", p. 421.

Monastère de Leh, Ladakh

Que se passe-t-il dans le cerveau des méditants?

"Il y a plusieurs années, je me suis retrouvé sanglé dans une machine à IRMf, une espèce de scanner cérébral qui avait tout d’un cercueil rond et blanc. … En tout, nous étions quinze à nous prêter à cette expérience un peu désagréable dans le cadre d’une étude neuroscientifique conduite par les professeurs Antoine Lutz et Richard Davidson au Waisman Laboratory for Brain Imaging and Behavior de l’Université de Madison, au Wisconsin. Cette étude avait pour but d’examiner les effets d’une longue pratique de la méditation sur le cerveau – « longue » signifiant ici entre 10 000 et 50 000 heures de pratique cumulées. Pour les volontaires les plus jeunes, ces heures recouvraient une quinzaine d’années, mais certains des plus vieux pratiquants avaient médité pendant plus de quarante ans. … Nous étions censés procéder à certaines pratiques méditatives en alternance avec des instants où nous laissions notre esprit se reposer dans un état ordinaire ou neutre, à raison de trois minutes de méditation suivies de trois minutes de repos. Pendant les phases de méditation, on nous proposait un certain nombre de sons que l’on pourrait qualifier, sans exagérer, de fort déplaisants : une femme qui hurle, par exemple, ou un bébé qui pleure. Entre autres fins, l’expérience devait déterminer quels effets ces sons désagréables avaient sur le cerveau de méditants expérimentés : allaient-ils interrompre le courant de leur attention concentrée ? Certaines zones cérébrales associées à l’irritation ou à la colère seraient-elles activées ? Peut-être cela ne produirait-il aucun effet. En fait, l’équipe de chercheurs découvrit que, avec ces sons désagréables, on observait une augmentation de l’activité des zones cérébrales associées à l’amour maternel, à l’empathie et à d’autres états positifs de l’esprit. Le désagrément avait déclenché un profond état de calme, de clarté et de compassion. Cette découverte résume parfaitement l’un des principaux bienfaits de la pratique méditative bouddhiste : l’occasion d’utiliser des conditions difficiles – ainsi que les émotions perturbatrices qui les accompagnent généralement – pour libérer le pouvoir et le potentiel de l’esprit humain."

Yongey Mingyour Rinpotché, « Bonheur de la sagesse », préfacé par Matthieu Ricard, Le livre de poche n°32 372, 2011, p. 19-22

Le temple d'or d'Amritsar, Inde

jeudi 14 juin 2012

"Recherchez la liberté et vous deviendrez esclave de vos désirs. Recherchez la discipline et vous trouverez la liberté".

 Koan zen (« Himalaya éternel », 365 pensées, par Marie-Laure Vareilles, éditions sky.com, 2009, Pensée du 19 janvier) 

Maroc, cultures en terrasses

dimanche 10 juin 2012

"Le changement arrive quand on voit avec une limpidité de cristal la nécessité du changement...mais il faut que vous soyez fatigué d'attendre"

Nisargadatta Maharaj, "Je suis", p.423

Ilot de tourbe, lac de Lispach, Vosges

samedi 12 mai 2012

Dernière minute de vie

« OÙ VAS-TU ? » - DÉROULER LE FIL D'ARIANE, CONDUCTEUR DE NOTRE SENS DE VIE COMMENT DÉTECTER VOS VALEURS DE VIE D'AVENIR

 J'ai l'habitude de proposer un exercice que j'appelle « La dernière minute de vie » et qui se passe de la manière suivante. Je demande à la personne concernée : « Si vous mourez dans une minute, quel sera votre premier regret ? puis le deuxième ? puis le troisième? ». Je demande ensuite : « Quelle sera votre première fierté ? puis la deuxième ? la troisième ? ». Si vous répondez franchement à cette question, vous mettrez dans vos premiers regrets ce qui est vraiment important pour vous dans votre vie . Je dis alors à mes patients : « Si vous ne l'avez pas fait, alors mettez-le en pratique maintenant, dès ce soir, ou demain au plus tard . Faites un premier pas pour aller vers ce que vous regrettez de ne pas avoir fait. C'est ce qu'il est urgent de faire maintenant . Ce sont ces questions que je me suis posées lors de mon accident et de mon divorce. 
 LES VALEURS DE VIE LES PLUS FRÉQUEMMENT CITÉES Les valeurs de vie que mes patients expriment le plus souvent dans l'exercice de « La dernière minute de vie » sont les suivantes : • être un bon parent; • s'occuper de ses proches, de ses enfants, de son père en fin de vie, de son conjoint ; • aider les autres, être quelqu'un d'ouvert ; • être dans le partage, l'humanité ; • développer son sens artistique ; développer son goût pour les choses bien faites ; • développer son goût pour l'esthétique, la décoration ; • le fait de croire, souvent en des valeurs religieuses ou politiques ; • être une personne juste, la justice est très importante pour eux ; • la gentillesse, la compassion ; Et vous, que diriez-vous ? A vous de faire ce petit exercice."

Dr Fanget Frédéric, "Où vas-tu ? Suivre ses valeurs de vie", in "Secrets de psys, ce qu'il faut savoir pour aller bien", sous la direction de Christophe André, Éditions Odile Jacob, 2010, p. 280-281) 

Canaux, Hollande

L'exercice du planning d'activités

"L'exercice se révèle utile lorsque vous avez, notamment, une décision à prendre, un choix à faire. II est tout simple. Sur une feuille de papier, listez l'ensemble de vos activités hebdomadaires, jour par jour et même heure par heure, en attribuant à chaque activité une note de plaisir et une note de maîtrise de l'action, de 0 à 10, par exemple.
Sur une autre feuille, listez vos objectifs principaux de vie.
Au bout de huit jours, comparez celle-ci avec votre planning d'activités pour évaluer si, durant la semaine qui vient de s'écouler, vous vous êtes réellement consacré à vos objectifs principaux. Si vous êtes à côté de votre sens de vie, vous pourrez vous en rendre compte. Vous aurez passé la semaine à faire des choses qui ne font pas partie de vos objectifs prioritaires et n'aurez malheureusement consacré que peu de temps à ces derniers, par exemple bien élever vos enfants ou cultiver la qualité relationnelle dans votre couple."
 
Dr Fanget Frédéric, "Où vas-tu ? Suivre ses valeurs de vie", in "Secrets de psys, ce qu'il faut savoir pour aller bien", sous la direction de Christophe André, Éditions Odile Jacob, 2010, p. 278)

Cargaison de goudas à Gouda, Hollande

mercredi 9 mai 2012

Méditer à l'hôpital

"Les effets positifs de la méditation sont si bien démontrés que des centaines d’hôpitaux en Amérique du Nord, et de plus en plus en Europe, enseignent aujourd’hui à leurs patients une méthode mise au point par un célèbre biologiste américain, Jon Kabat-Zinn, à partir du yoga, du zen et de pratiques proches du bouddhisme tibétain. Voici de nombreuses années que je pratique cette méthode, le mindfulness - « pleine conscience » en français - avec quelques interruptions suivies de reprises toujours un peu laborieuses au début. Mais, dans l’ensemble, j’ai trouvé le moyen de réserver quinze ou vingt minutes, deux fois par jour, à cet exercice vital. … Je n’ignore pas que la méditation reste bien abstraite quand on ne l’a pas essayée. À ceux qui objectent que cela représente une astreinte en termes de temps et d’énergie, Kabat-Zinn répond : « Plus il y a de problèmes, plus il faut méditer. Plus votre vie est compliquée, plus vous avez besoin de méditer – pour vous aider à gérer les problèmes et les complexités. » Dans ma pratique, la question du temps ne se pose plus depuis longtemps, car je sais que ces quelques minutes investies dans la méditation de pleine conscience me sont rendues au centuple en termes de bien-être mental et physique."

SERVAN-SCHREIBER David, « On peut se dire au revoir plusieurs fois », Robert Laffont, 2011, p. 96-99 

Mouette en vol, côtes bretonnes

Passé et avenir

"Que chacun examine sa pensée, il la trouvera toujours occupée au passé et à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent : et si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer l’avenir."

Voltaire (Remarques sur les pensées de M. Pascal, 1738, in Oeuvres complètes, 1784, Tome 32, p.318) 

Moulin à vent, Pays-Bas